
Avec qui comparons-nous nos salaires ?
Une étude du Luxembourg Institute of Socio-Economic Research (Liser) révèle que les Luxembourgeois comparent leur salaire avant tout entre collègues de même sexe et de même nationalité.
À qui les employés se comparent-ils en ce qui concerne leur salaire? C’est à cette question que deux chercheurs du Liser ont tenté d’apporter des réponses dans le cadre d’une
étude nommée «Choix de collègues en tant que groupe de référence pour la comparaison des salaires: la composition du groupe est-elle importante?».
En effet, si les salariés du Grand-Duché procèdent à l’évaluation de leur fiche de paye en termes absolus, ils apprécient aussi la comparer avec d’autres.
Mais auprès de qui et sur quels critères? «C’est une question considérable pour la cohésion au sein des entreprises, et qui offre une base de réflexion pour déployer des politiques salariales saines», indique le communiqué du Liser.
Quelque 17.500 salariés, dont approximativement 3.500 Luxembourgeois, 4.500 résidents étrangers et 9.200 frontaliers, ont été sondés à ce sujet sur une période de trois mois au printemps 2013.
Les résultats de cette enquête dévoilent que 63% des sondés comparent effectivement leur salaire : 27% avec des personnes exerçant la même métier qu’eux au Luxembourg, 23% avec leurs collaborateurs, 9% avec des amis ou de la famille et pour finir, 4% avec des salariés travaillant hors du Luxembourg.
«Les conclusions de notre étude montrent que la satisfaction s’exprime de façon relative et non pas absolue et que, par conséquent, les points de comparaison sont vraiment importants. Or ceux-ci s’inscrivent dans des groupes sociaux bien définis», précise Laetitia Hauret.
L’étude dévoile par ailleurs que les salariés concernés comparent plus aisément leur salaire dans des groupes définis par le genre ou la nationalité. C’est-à-dire qu’on essaie moins de connaître le salaire de son collègue si celui-ci n’est pas du même sexe ou de la même nationalité.
«Par contre, la situation est différente quand on analyse l’âge. Car plus un collègue est âgé, plus on cherche à se comparer à lui, car cela permet d’avoir une information sur ses perspectives salariales à plus long terme», explique Laetitia Hauret.
Si l’étude de ces mécanismes apporte l’occasion de mieux assimiler l’origine du bien-être au travail, ce sujet n’a pratiquement encore jamais été abordé ailleurs en Europe. Difficile dans ces conditions de dresser des comparaisons, de nature sociologiques et non pas salariales.
