
Discrimination au travail : l’initiative belge
Alors que la Belgique souhaite légiférer en ce qui concerne la discrimination à l’embauche liée à l’origine ethnique ou à la couleur de peau d’un candidat, le Centre pour l’égalité de traitement (CET) considère que ce phénomène ne serait que très confidentiel au Luxembourg.
Les discriminations à l’embauche, dont celles liées à l’ethnie ou à la couleur de peau, ont conduit en Europe les autorités à considérer ce problème en légiférant sur le sujet, comme en France – pendant quelques temps – avec le curriculum vitae (CV) anonyme.
Aujourd’hui, c’est en Belgique que l’on souhaite s’atteler à cette problématique par le biais d’un plan d’action que désire mettre en place la région de Bruxelles.
Le point majeur de ce plan est la création d’un cadre législatif devant permettre à terme à l’inspection du travail de réaliser des «tests de CV» auprès des employeurs qui feraient l’objet de soupçons ou envers lesquels des plaintes pour discrimination seraient déposées.
Si la discrimination est en effet constatée, un PV pourrait alors être envoyé au tribunal du travail, à charge pour lui de sévir par la suite auprès des employeurs fautifs.
Au Luxembourg, nous sommes encore loin de cette situation : cette forme de discrimination à l’embauche – au sein d’une société multiculturelle plutôt ouverte – n’étant pas une chose courante dans le registre des plaintes déposées.
Au Centre pour l’égalité de traitement (CET), créé en 2006, on explique que le phénomène «n’est pas très répandu».
«Et il s’agit plus souvent d’une impression que d’un cas avéré», précise Nathalie Morgenthaler, sa chargée de direction qui indique que le CET n’a jamais relevé de cas ayant abouti, manque de preuve.
«Il existe parfois», ajoute-t-elle, «et sans que l’on ne puisse rien faire d'un point de vue légal, des discriminations à l’embauche sur base de la nationalité, lorsque des employeurs étrangers, dans de grandes entreprises établies à Luxembourg, ont tendance à embaucher des concitoyens».
En ce qui concerne la discrimination à l’ethnie ou à la couleur de peau, le conditionnel est cependant de mise, certaines victimes potentielles ne se déclarant pas, quand d’autres – le CET souffrant toujours d’un manque de notoriété – feront le choix de s’adresser à la police, à un avocat, ou même à l’Ombudsman bien que ce dernier ne soit pas compétent dans ce domaine.
Toutefois le CET se doit de rester vigilant. En effet, pendant le second trimestre de cette année, il devrait publier et diffuser une brochure concernant la discrimination au travail à destination des employeurs ainsi que des employés. «On y précisera ce que prévoit la loi en la matière», ajoute Nathalie Morgenthaler. «Avec des exemples concrets de ce qui est permis, et de ce qui ne l’est pas.»
